Eco(dé)mystificateur

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lundi, 6 mars 2017

PIB = CO2 ou comment gérer un monde sans croissance ?

Lorsque l’on s’intéresse à l’économie, on est amené à parler de la croissance comme d’une notion un peu abstraite, sans toujours tenir compte du fait que derrière les chiffres du PIB il y a une réalité physique. C’est l’un des grands mérites du très pédagogique livre de Jean-Marc Jancovici « Dormez tranquilles jusqu'en 2100 et autres malentendus sur le climat et l'énergie » que de rappeler notre dépendance aux ressources énergétiques, indispensables pour créer cette croissance tant recherchée. Un autre mérite de ce livre est de mettre à mal un certain nombre d’idées reçues, et de poser la question qui fâche : comment gérer un monde sans croissance ?

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dimanche, 22 janvier 2017

Mettre enfin l’intelligence au pouvoir

J’apprécie beaucoup Jacques Généreux. La preuve : il a droit à son tag sur ce blog. Pour autant, je ne savais pas qu’il venait de publier un nouvel opus et quand on me l’a offert récemment, je n’ai pas fait preuve d’un enthousiasme débordant, persuadé que j’avais déjà plus ou moins fait le tour du sujet et de ce qu’il pouvait avoir à dire. Grave erreur : « La déconnomie » est un ouvrage majeur qui apporte des éléments de réponses convaincants à la question qui me taraude de savoir pourquoi ceux qui nous gouvernent continuent d’appliquer des politiques vouées à l’échec alors que d’autres solutions existent. Comme l’écrit l’auteur, il s’agit ici de « résoudre une énigme, à savoir : la persistance et l’engouement des élites pour un système aussi économiquement inefficace qu’il est socialement scandaleux et écologiquement catastrophique »

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dimanche, 1 janvier 2017

Les visages de la finance

Non, la finance n’est pas un ennemi désincarné. Elle a un visage, ou plutôt des visages et c’est le grand mérite du livre de Geoffrey Geuens intitulé « La finance imaginaire » que de nous donner à les voir en les nommant, mettant au grand jour les relations incestueuses entretenues par les responsables politiques avec les banquiers et autres gérants de fonds de pension. C’est ce qui lui permet d’affirmer « que le monde de la bancassurance et de la gestion de fonds n’est pas devenu, comme certains voudraient le faire croire, une société anonyme. (…) Car derrière l’imaginaire de la démocratisation du capital et de la dissémination de la propriété, c’est toujours – pour qui veut bien regarder – l’oligarchie financière qui se donne à voir. » Et si vous voulez des noms, je vous recommande de lire le livre, il en regorge au point que l’on regrette vraiment qu’il n’y ait pas d’index permettant un référencement plus facile.

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dimanche, 3 juillet 2016

Et les faibles subissent ce qu’ils doivent

« Et les faibles subissent ce qu’ils doivent » est un livre que je n’aurais sans doute pas eu l’occasion de lire si on ne me l’avait pas offert. Cela aurait été bien dommage car il est tout à fait passionnant. Yanis Varoufakis y retrace l’histoire de la monnaie unique et de l’union européenne depuis  la fin des accords de Breton Woods en 1971 jusqu’à la crise de 2008 qui en est, d’après lui, la conséquence directe. Cet ouvrage mériterait une note de lecture détaillée que je n’ai pas le courage, je l’avoue humblement, d’écrire. Une certaine lassitude, sans doute. Je me contenterai donc de reprendre très rapidement quelques points essentiels.   

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samedi, 16 avril 2016

Comprendre l'origine de la dette

Dans un article de 2012, je traitais de la polémique apparue autour de la fameuse loi de 1973 qui aurait interdit à l’Etat de se financer auprès de sa banque centrale et je concluais sur la nécessité de «chercher comment l’Etat se finançait avant 1973 et comment et pourquoi cette source s’est tarie. » La réponse à cette interrogation, et bien d’autres choses encore, se trouvent dans le livre passionnant de Benjamin Lemoine intitulé « L’ordre de la dette » et sous-titré « enquête sur les infortunes de l’état et la prospérité du marché ». L’auteur nous y dévoile les mécanismes à l’œuvre depuis les années 70 qui ont engendré la situation d’endettement que nous connaissons aujourd’hui. Il met en évidence les motivations idéologiques qui ont conduit ceux qui nous gouvernent à forcer l’Etat à se financer auprès des marchés financiers.

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lundi, 7 mars 2016

Si il ne fallait en lire qu'un ...

J’ai lu beaucoup de livres d’économie depuis maintenant plus de 8 ans dont certains vraiment épatants et qui m’ont permis de progresser dans le domaine. Mais, aujourd’hui, si je devais n’en prendre qu’un avec moi sur une ile déserte, ce serait sans aucun doute celui que vient de publier Edouard Cottin-Euziol, intitulé « Néolibéralisme versus État-providence » et sous-titré « Le débat économique entre classiques et keynésiens ». Il y a tout dans cet ouvrage. Tout ce qu’il faut pour, quel que soit son niveau en économie, comprendre les différentes thèses en présence et se faire un avis éclairé sur les mesures à mettre en œuvre pour que notre époque d’abondance profite enfin au plus grand nombre. Il faudrait d’ailleurs d’urgence que Myriam El Khomri le lise. Elle comprendrait sans doute pourquoi ce qu’elle propose actuellement dans son projet de Loi Travail est un non-sens absolu. 

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dimanche, 14 février 2016

« Radio libre » de Maurice de Cheveigné, enfin publié !

Ce n’est qu’aujourd’hui que je m’en suis rendu compte mais « Radio Libre » a enfin été publié en avril 2014. J’avais dénoncé ici le scandale absolu que représentait à mes yeux l’injustice faite à Maurice de Cheveigné. Elle est désormais réparée, en partie visiblement grâce à Daniel Cordier qui a rédigé la préface d’un ouvrage que je me suis empressé d’acquérir, pour remplacer la pauvre copie papier faite à partir du texte disponible à l’époque sur internet. 

mercredi, 23 décembre 2015

Quand Adair Turner recommande le recours au financement monétaire (billet invité)

Dans l’émission Les P’tits Bateaux, diffusée chaque dimanche soir sur France Inter, des enfants posent les questions qui leur passent par la tête à des spécialistes qui leur répondent. L’émission est toujours passionnante car ces questions nous nous les sommes tous posées un jour avant de les avoir, sous le poids des habitudes et du quotidien, rangées dans un coin de notre tête pour ne plus jamais nous les poser. Il y a 3 ans, au cours de l’une de ces émissions, une petite fille demanda pourquoi « puisque ce sont les hommes qui fabriquent l’argent [on ne pourrait pas] en fabriquer plus et aider tous ceux qui en ont besoin, et supprimer la pauvreté ».

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lundi, 14 décembre 2015

Un homme (toujours) utile (2/2)

Comme convenu, voici la suite de ma note de lecture concernant le dernier ouvrage de Pierre-Noël Giraud. Autant son utilité n’est plus à démontrer quand il s’agit d’analyser la situation actuelle et d’imaginer notre futur avec plus ou moins d’optimisme, autant lorsqu’il s’agit de proposer les moyens d’aller de l’une à l’autre – que l’on choisira brillant de préférence – la question peut être posée de savoir à quoi joue exactement notre polytechnicien, passé le stade de la simple provocation. Comment en effet interpréter autrement ce genre de prédiction ? : « Les Africains et les Africaines n’échapperont pas, s’ils veulent s’extraire de l’inutilité rurale et surtout urbaine, aux sweat shops, aux semaines de 7 jours, aux dortoirs d’usine surpeuplés, aux contremaîtres brutaux, aux salaires de subsistance ».  

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dimanche, 13 décembre 2015

Un homme (très) utile (1/2)

Pierre-Noël Giraud peut sans conteste revendiquer le titre d’homme utile. Son dernier ouvrage intitulé « L’Homme inutile » et sous-titré « Du bon usage de l’économie » fait partie de ces livres qu’il faut avoir lu si l’on veut comprendre le fonctionnement de nos sociétés et tenter d’anticiper ce qui nous attend pour espérer pouvoir réagir si nécessaire. Giraud a cette capacité, à partir de l’analyse économique qu’il fait du monde actuel, de nous proposer sa vision du futur en fonction des politiques qui seront mises en œuvre. Et ça décoiffe, qu’on en juge par cette prédiction de notre professeur d’économie qui, rappelons-le, est ingénieur de formation : « Une humanité de 4 milliard d’individus à la fin du XXIIe siècle, ayant engrangé près de deux siècles de progrès techniques supplémentaires, vivra très bien, si elle le veut, sur une planète dont la température moyenne aura augmenté de 4 à 5°C » !

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