Eco(dé)mystificateur

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lundi, 6 mars 2017

PIB = CO2 ou comment gérer un monde sans croissance ?

Lorsque l’on s’intéresse à l’économie, on est amené à parler de la croissance comme d’une notion un peu abstraite, sans toujours tenir compte du fait que derrière les chiffres du PIB il y a une réalité physique. C’est l’un des grands mérites du très pédagogique livre de Jean-Marc Jancovici « Dormez tranquilles jusqu'en 2100 et autres malentendus sur le climat et l'énergie » que de rappeler notre dépendance aux ressources énergétiques, indispensables pour créer cette croissance tant recherchée. Un autre mérite de ce livre est de mettre à mal un certain nombre d’idées reçues, et de poser la question qui fâche : comment gérer un monde sans croissance ?

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lundi, 12 décembre 2016

Amargi : à ne pas manquer !

Enfin une bonne nouvelle : le spectacle de Judith Bernard intitulé « Amargi » consacré à la dette et à la monnaie reprend en janvier. Allez-y, ça vaut vraiment le coup même si vous êtes de droite (mais ne le dites surtout pas à F.Lordon si vous le croisez) ou que vous appréciez Hanouna. C’est dans un petit théâtre très sympa. C’est à la fois pédagogique et distrayant. J’y ai emmené des gens qui n’avaient aucune prédisposition particulière, ni en politique ou en économie, et ils ont adoré. Judith Bernard le dit : « c'est pour moi une grande fierté de parvenir à susciter des joies et quelques lumières chez des publics variés ». Et il y a effectivement de quoi être fier !

Je rembourse les places de ceux qui n’aimeront pas

samedi, 16 avril 2016

Comprendre l'origine de la dette

Dans un article de 2012, je traitais de la polémique apparue autour de la fameuse loi de 1973 qui aurait interdit à l’Etat de se financer auprès de sa banque centrale et je concluais sur la nécessité de «chercher comment l’Etat se finançait avant 1973 et comment et pourquoi cette source s’est tarie. » La réponse à cette interrogation, et bien d’autres choses encore, se trouvent dans le livre passionnant de Benjamin Lemoine intitulé « L’ordre de la dette » et sous-titré « enquête sur les infortunes de l’état et la prospérité du marché ». L’auteur nous y dévoile les mécanismes à l’œuvre depuis les années 70 qui ont engendré la situation d’endettement que nous connaissons aujourd’hui. Il met en évidence les motivations idéologiques qui ont conduit ceux qui nous gouvernent à forcer l’Etat à se financer auprès des marchés financiers.

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mardi, 29 mars 2016

Non, ce ne sont pas "les-marchés" qui fixent les taux d’intérêt de la dette publique

Paradoxalement, c’est dans le e-livre (« Le coup d’état monétaire – L’indépendance de la banque centrale, mère de toutes les erreurs de pilotage monétaire ») de Mathieu Mucherie, monétariste convaincu, disciple avoué de Milton Friedman, que j’ai trouvé ce passage qui confirme l’une des démonstrations les plus éclatante du néochartalisme à savoir que c’est la Banque Centrale qui, à travers le taux directeur, fixe tous les autres, y compris celui de la dette publique comme l’explique par ailleurs Jean-Baptiste Bersac dans «Devises – L’irrésistible émergence de la monnaie ».

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lundi, 22 février 2016

Le coming out néochartaliste d’Atlantico

Ce n’est pas la première fois que je remarque que Nicolas Goetzmann, responsable du pôle Economie pour Atlantico, tient des propos que l’on pourrait qualifier de subversifs, compte tenu du milieu dans lequel il évolue. Accompagné de Christophe Bouillaud, dans un entretien à deux voix paru récemment sur le site, il remet en cause les politiques d’austérité pratiquées en Europe, notamment à la lumière des avertissements du FMI et l’OCDE. Ce n’est pas là le seul paradoxe de ce texte – dont je recommande la lecture – que de présenter ces deux organismes comme ayant la solution à tous nos problèmes, quand on se souvient, par exemple, des dégâts occasionnés en leur temps par les politiques d’ajustements structurels imposées par le …FMI.

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dimanche, 21 février 2016

Néochartalisme

Je suis (re) tombé un peu par hasard sur ce texte publié sur le blog Frapper monnaie et j’ai trouvé que ce court passage pouvait tenir lieu de définition préliminaire au néochartalisme, théorie économique qui reste difficile à résumer en quelques mots.

« La ligne néochartaliste a toujours été que la contrainte pour l’État sont les ressources réelles (mais pas de contrainte financière), qu’une économie en croissance requiert des déficits publics quasi-continus, qu’il n’y aura jamais à rembourser cette dette publique […] et qu’une devise souveraine décemment gérée devient immanquablement hégémonique sur le territoire de cette souveraineté. »

dimanche, 21 juin 2015

De l’urgence de poser à nouveau la question monétaire

C’est un petit livre qui m’a été recommandé par mon ami André-Jacques Holbecq. « L’hydre mondiale – L’oligopole bancaire » de l’économiste François Morin se lit facilement et rapidement. C’est un cri d’alarme dont l’objectif est de dénoncer l’emprise de la finance sur nos existences, emprise exercée à travers une poignée de banques systémiques – moins d’une trentaine sur les 40 000 exerçant actuellement dans le monde et 11 pour le noyau dur – constituées  en un oligopole bancaire dont la puissance économique et politique nous prive des moyens d’empêcher l’avènement imminent d’un cataclysme d’ampleur inédite.

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mercredi, 31 décembre 2014

Du modèle dynamique stochastique d’équilibre général

Pour finir l’année en beauté, je vous propose, résumé en quelques mots par Steve KEEN dans « L’imposture économique », la description du modèle sur lequel se base la théorie économique dominante notamment enseignée dans nos universités. Cela peut paraitre caricatural mais c’est hélas la triste réalité.  

« Cela [les fondements de la macroéconomie néoclassique] conduisit à un modèle macroéconomique  reposant sur un consommateur unique, qui est immortel, consomme la production de l’économie, à savoir un bien unique produit par une entreprise unique, que l’agent possède, dans laquelle il est l’unique employé et où il se paye un profit équivalent à la productivité marginale du capital et un salaire égal à la productivité marginale du travail, après avoir décidé la quantité de travail qu’il propose de manière à maximiser son utilité sur un horizon temporel infini, qu’il est d’ailleurs capable d’anticiper rationnellement et de prédire avec exactitude. L’économie serait toujours à l’équilibre sauf au moment de "chocs technologiques" inattendus qui changent les capacités productives de l’entreprise (ou qui modifient les préférences de consommation de l’agent) et qui poussent temporairement le consommateur/travailleur/capitaliste unique à modifier ses heures de travail. Toute réduction des heures de travail  est un acte volontaire. De ce fait, l’agent représentatif n’est jamais involontairement au chômage, il prend juste un peu plus de loisir. Et il n’existe ni banques, ni dettes ni même en fait de monnaie, dans ce modèle.
Vous croyez que je blague ? J’aimerais bien ! Il suffit de lire le résumé que donne Robert Solow de ces modèles – initialement appelés modèles des "cycles réels" et qui prirent le nom, avec le temps de modèles "dynamiques stochastiques d’équilibre général" : (…) »  

mardi, 9 décembre 2014

Je suis d’accord avec Jean Tirole : faisons comme la Suède

Notre tout récent «prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel »,  Jean Tirole (l’homme qui en janvier 2012 ne voyait pas de crise mondiale grave !) a récemment recommandé que la France suive l’exemple de la Suède. Cela peut paraitre surprenant mais je suis d’accord avec celui que Jean Gadrey a décrit comme « l’un des plus brillants représentants de l’économie néolibérale, un des plus fervents défenseurs de la logique du marché concurrentiel contre les insupportables interventions étatiques, contre le droit du travail, contre les contraintes bureaucratiques imposées aux grandes entreprises et aux banques, lesquelles financent une bonne partie de ses recherches et de son salaire »,  mais bien évidemment, pas pour les raisons qu’il avance.

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mercredi, 15 octobre 2014

Le jour où j’ai fait fuir Karine Berger et énervé Laurence Parisot

Ce n’est pas tous les jours que l’on a l’occasion de couvrir de goudron et de plumes de se payer deux magnifiques spécimens de ces oligarques qui nous gouvernent. Cette occasion je l’ai eue aujourd’hui, mercredi 15 octobre 2014, lors du colloque organisé par l’IRIS sur lequel je reviendrai dans un prochain billet. Et je ne l’ai pas laissée passer !

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