Eco(dé)mystificateur

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mardi, 23 octobre 2018

De la mémoire

Si j'étais moins futile, insouciant, en quasi-permanence abandonné au rêve, j'exercerais ma mémoire. De temps à autre sa faiblesse m'afflige, en me donnant l'idée de ce que j'ai perdu : livres que je me réjouis de découvrir avant de m'apercevoir soudain que je les ai déjà lus, films dont je suis incapable de retracer l'intrigue et, pire encore, événements divers dont j'aurais dû retenir au moins le charme ou la leçon. Je ne sais pas d'où me vient cette carence, sans doute d'une paresse de l'esprit. Pour m'en consoler, ou m'en défendre quand elle me fait honte, il m'arrive d'en vanter de supposés mérites : je ne sais quelles légèreté du sentiment ou spontanéité de l'émotion incompatibles avec le poids de l'expérience et du savoir. J'aimerais beaucoup y croire.

Alain Blottière - L'enchantement

mercredi, 3 octobre 2018

De la vie et du bonheur

« La vie est une maladie grave, au mieux on peut espérer ne pas trop en souffrir en attendant la délivrance »

« Voilà peut-être le secret du bonheur, ne plus penser qu'à l'instant présent, comme s'il s'agissait d'un extrait de film dont on ne connaît ni le début ni la fin »

Extrait de « Saga » de Tonino Benacquista

mardi, 31 juillet 2018

Éternelles "Mémoires d'outre-tombe"

François-René de Chateaubriand a achevé ses Mémoires d'outre-tombe en 1841, plus de 30 ans après les avoir commencées. C’est une œuvre monumentale que l'on lit parce qu’elle le vaut bien par certains aspects – malgré des longueurs et certaines difficultés liées au contexte – mais aussi pour l'inscrire à son palmarès et parce que c’était le livre préféré du Général de Gaulle.  Les extraits qui suivent proviennent des dernières pages de l’œuvre qui en contient plusieurs milliers. Ils sont terriblement d’actualité et illustrent combien, en définitive, les problèmes que nous avons à affronter aujourd’hui ne sont pas fondamentalement différents de ceux de nos prédécesseurs, il y a presque 200 ans.

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dimanche, 29 juillet 2018

De l'homme

« Que l’homme est petit sur l’atome où il se meut ! Mais qu’il est grand comme intelligence ! Il sait quand le visage des astres se doit charger d’ombre, à quelle heure reviennent les comètes après des milliers d’années, lui qui ne vit qu’un instant ! »

Chateaubriand (Mémoires d’outre-tombe)

dimanche, 27 mai 2018

Oh! argent que j'ai tant méprisé

Oh! argent que j'ai tant méprisé et que je ne puis aimer quoi que je fasse, je suis forcé d'avouer que tu as pourtant ton mérite: source de la liberté, tu arranges mille choses dans notre existence, où tout est difficile sans toi. Excepté la gloire, que ne peux-tu pas procurer ? Avec toi on est beau, jeune, adoré ; on a considérations, honneurs, qualités, vertus. Vous me direz qu'avec de l'argent on n'a que l'apparence de tout cela : qu'importe si je crois vrai ce qui est faux ? trompez-moi bien et je vous tiens quitte du reste : la vie est-elle autre chose qu'un mensonge ? Quand on n’a point d’argent, on est dans la dépendance de toutes choses et de tout le monde.

Chateaubriand (Mémoires d’outre-tombe)

lundi, 2 avril 2018

Terroriste

"La Révolution m’aurait entraîné, si elle n’eût débuté par des crimes : je vis la première tête portée au bout d’une pique, et je reculai. Jamais le meurtre ne sera à mes yeux un objet d’admiration et un argument de liberté ; je ne connais rien de plus servile, de plus méprisable, de plus lâche, de plus borné qu’un terroriste."

Mémoires d'outre-tombe (François-René de Chateaubriand)

samedi, 3 février 2018

De Gaulle, la condition ouvrière et le code civil

Le Général me tend le numéro d'avril 1948 de la revue: Économie contemporaine et me demande de chercher à savoir qui est M.Hubert Multzer, qui vient de publier un article dans ce numéro, sous le titre: « L'Idée d'association entre le capital et le travail». Il est l'auteur d'un ouvrage intitulé: La propriété sans le vol.

Je demande au Général si M.Jacques Baumel (…) lui a fait parvenir, comme je lui avais demandé, les principaux ouvrages relatifs aux questions d'association, de cogestion, de participation aux bénéfices, de statuts de l'entreprise, etc.

(...)

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dimanche, 28 janvier 2018

A quoi sert d'étudier l'économie ?

Je suis tombé récemment sur cette citation de l’économiste Joan Robinson :

The purpose of studying economics is not to acquire a set of ready-made answers to economic questions, but to learn how to avoid being deceived by economists.”


que j’ai traduite de la manière suivante :

« Etudier l’économie n’a pas pour but d’acquérir un ensemble de réponses toutes faites aux questions économiques mais d’apprendre à éviter d’être trompé par les économistes »


et que je fais mienne tant il est vrai que c’est le but que j’ai toujours poursuivi en m’intéressant à l’économie : ne pas me faire enfumer par les économistes professionnels.

samedi, 16 décembre 2017

Qu’est-ce qu’un homme de gouvernement ?

« Qu’est-ce qu’un homme de gouvernement ? Ce n’est pas un homme compétent, bien que des connaissances particulières doivent, sans doute, s’allier à ses facultés. Ce qui le distingue, c’est le caractère, la connaissance des réalités et la volonté, si nécessaire, de marcher à contre-courant. Ce n’est pas autre chose.
» Or, il existe une contradiction irréductible entre les qualités requises pour plaire à l’électeur – qui sont toutes d’amabilité – et les facultés qui font l’homme de gouvernement, dures et déplaisantes par définition, car il doit demeurer aveugle aux intérêts particuliers. Voilà pourquoi un tel homme n’apparaîtra jamais dans les rangs des partis. Ce serait contraire à la nature des choses. Qu’un homme de gouvernement se présente : aucun parti n’acceptera jamais de le soutenir. Jamais ! Il n’accepterait même pas d’inscrire son nom sur une liste électorale…»

Propos tenus par le général de Gaulle à Colombey le 3 septembre 1946 - Extrait de « En écoutant de Gaulle » de Claude Guy

jeudi, 7 décembre 2017

De la domination des multinationales

"Comploter, coloniser, collaborer, corrompre, conquérir, délocaliser, pressurer, polluer, vassaliser, nier, asservir et régir. Douze verbes permettent de résumer la façon qu’ont eue, au XXe siècle, des multinationales telles que Total de s’affranchir des régimes contraignants des États de droit afin de les contraindre, eux, à leur tour, à un univers commercial les liant à l’échelle mondiale. Ils témoignent d’un ordre qui n’est plus celui du droit mais d’une prétendue science – l’économie financière –, en réalité une idéologie se présentant apte à traduire des phénomènes sociaux et psychologiques fondamentaux, à l’instar de la loi de la gravité, alors qu’il s’agit au contraire pour ces nouvelles règles de façonner un monde selon les paramètres de ce discours, afin qu’il tourne à l’avantage des oligarques qui le promeuvent. Par ces douze modalités, les multinationales ont su s’affranchir de toute forme d’encadrement politique, pour devenir progressivement […] la puissance qui domine l’activité publique."

Extrait de « De quoi Total est-elle la somme ? » d'Alain Deneault

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