Eco(dé)mystificateur

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jeudi, 7 décembre 2017

De la domination des multinationales

"Comploter, coloniser, collaborer, corrompre, conquérir, délocaliser, pressurer, polluer, vassaliser, nier, asservir et régir. Douze verbes permettent de résumer la façon qu’ont eue, au XXe siècle, des multinationales telles que Total de s’affranchir des régimes contraignants des États de droit afin de les contraindre, eux, à leur tour, à un univers commercial les liant à l’échelle mondiale. Ils témoignent d’un ordre qui n’est plus celui du droit mais d’une prétendue science – l’économie financière –, en réalité une idéologie se présentant apte à traduire des phénomènes sociaux et psychologiques fondamentaux, à l’instar de la loi de la gravité, alors qu’il s’agit au contraire pour ces nouvelles règles de façonner un monde selon les paramètres de ce discours, afin qu’il tourne à l’avantage des oligarques qui le promeuvent. Par ces douze modalités, les multinationales ont su s’affranchir de toute forme d’encadrement politique, pour devenir progressivement […] la puissance qui domine l’activité publique."

Extrait de « De quoi Total est-elle la somme ? » d'Alain Deneault

samedi, 11 novembre 2017

Douter de soi serait-il la forme ultime de l'orgueil ?

« Le doute de soi n’est pas l’humilité, je crois même qu’il est parfois la forme la plus exaltée, presque délirante de l’orgueil, une sorte de férocité jalouse qui fait se retourner un malheureux contre lui-même, pour se dévorer. Le secret de l’enfer doit être là. »

Georges Bernanos dans « Journal d’un curé de Campagne »

samedi, 16 septembre 2017

Gestion de carrière

« Le choix qui administre les carrières se porte plus volontiers sur ce qui plaît que sur ce qui mérite. »

Charles de Gaulle dans « Le Fil de l’épée »

samedi, 9 septembre 2017

Résistance et politique

« L’action résistante n’est pas l'action politique dans une démocratie représentative et il en découle par force une certaine inadaptation du monde résistant à la vie politique dans une démocratie représentative. Il se crée une continuité, mais aussi un profond renouvellement. Et voici l'une des difficultés que rencontre le monde résistant : il était pour partie inadapté à la poursuite de la vie politique à l'ère libre »

Claire Andrieu dans « Le Récit national – Une querelle française » de Jean-Noël Jeanneney

samedi, 26 août 2017

De Gaulle et le programme du CNR

De Gaulle, comme on le sait, est d'un genre politique un peu particulier ...
(…)
Il n'a pas voulu assumer ce programme du Conseil national de Ia Résistance ; il ne I' a jamais signé, il ne s’en est jamais réclamé, mais ...
(…)
Mais il s’en est inspiré, et on peut dire que son gouvernement, de la Libération en août 1944 jusqu'à sa démission en janvier 1946, a mis en place la plupart des mesures qui y figuraient. Celles qui n'ont pas été mises en œuvre du temps de De Gaulle au pouvoir étaient déjà en préparation sous son gouvernement ; elles ont été votées au printemps 1946.


Claire Andrieu dans « Le Récit national – Une querelle française » de Jean-Noël Jeanneney

samedi, 1 juillet 2017

Milton Friedman par Mathieu Mucherie

Extrait d’un texte de M.Mucherie publié sur Atlantico.fr et que je vous recommande dans sa totalité :

Prenons un exemple simple, que je connais bien, l’œuvre de Milton Friedman. Il passe pour un affreux affameur du peuple. Pourtant, c’est le promoteur de l’impôt négatif et du revenu universel, une idée que les petits apparatchiks du PS ont tenté (vainement) de proposer en 2017 (en la dénaturant au maximum, soyons impartiaux). Il passe pour un défenseur des puissants. Pourtant, il a eu des mots extrêmement durs contre les banquiers centraux indépendants, leurs mensonges, leur Novlangue, leurs dérives ; là où toutes nos bonnes âmes aujourd’hui ne remettent pas une seconde en cause les pouvoirs exorbitants de la BCE, même quand cette dernière prend des libertés (des années de suite) avec son mandat, sa cible, etc. Il passe enfin pour un pourfendeur intraitable de l’Etat. Pourtant, en 1948, il propose de financer les déficits de ce dernier à 0%. Et il était foncièrement hostile, comme les autres grands auteurs de Chicago, à l’idée de confier les revenus du seigneuriage monétaire à des établissements privés, si vous voyez ce que je veux dire. Oups, on nous aurait menti ?

dimanche, 7 mai 2017

Toute expression est trahison

Rien n’est plus difficile que de contraindre les mots à traduire les évènements, les idées, les passions, les sentiments. Toute expression est trahison. Nous avons trop vu Saint Louis travesti en brigand, Jeanne d’Arc en hystérique et Staline en père des peuples, la tolérance en violence et la violence en liberté, pour ne pas nous méfier des pouvoirs trompeurs du langage et de l’écriture.

Jean d’Ormesson – Au plaisir de Dieu

mardi, 28 février 2017

Economie: de la théorie à la pratique

C’est dans un texte publié sur La Tribune.fr et auquel, je l’avoue humblement, je n’ai pas compris grand-chose, que j’ai trouvé ce passage qui m’a paru tout à fait pertinent, extrait des propos du philosophe Gilles Campagnolo :

« Entre le savant économiste et le concepteur de l'alternative économique, et encore le praticien de l'économie, voire le « pilote » aux commandes des machines dont il peut disposer, la différence demeure comme reviennent au physicien les principes, à l'ingénieur la conception, au mécanicien la maintenance, au pilote l'utilisation. Même si la physique et l'économie diffèrent, cette répartition des rôles y subsiste. C'est à trop demander (et trop précipitamment) au théoricien (qui parfois aime s'y prêter) le conseil que le mécanicien donne parfois au pilote que les deux peuvent se tromper (et « aller dans le mur ») - les exemples abondent dans la tradition du « conseiller du prince » des âges passés jusqu'à nos jours. Or un physicien, et même un mécanicien, ne sait pas toujours bien conduire - du moins, ce n'est pas en vertu de ce qu'il est l'un ou l'autre, si c'est le cas, quoique cela puisse l'aider, ce n'est pas là son essence. »

mercredi, 8 février 2017

Humaine humanité

Deux citations qui illustrent bien, me semble-t-il, les affres de la condition humaine qui ne parait pas spécialement avoir été conçue à l’origine pour la concorde et le bonheur.

« Et quoi qu’on fasse, les gens paraissent moins disposés à utiliser les bonnes volontés qu’inconsciemment désireux de les opposer les unes aux autres. »

« Quoi ! l’ignorance, la maladie, la misère dévorent des milliers d’innocents, et lorsque la Providence, par miracle, ménage quelque asile où puisse fleurir la paix, les passions viennent s’y tapir en rampant, et sitôt dans la place, y hurlent jour et nuit comme des bêtes… »

Georges Bernanos dans  « Journal d’un curé de Campagne »

samedi, 31 décembre 2016

Sapiens

Pour finir l’année, quelques citations en vrac d’un livre que je viens de finir et que je ne peux que recommander : « Sapiens : Une brève histoire de l'humanité » de Yuval Noah Harari. Le moins que l’on puisse dire c’est que ça décoiffe. Harari revisite l’histoire de l’humanité sur le temps long, met les choses en perspective et propose un scénario pour ce qui nous attend. C’est très bien écrit et très nouveau comme approche je trouve. C’est un bouquin qui devrait faire date.

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