Eco(dé)mystificateur

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samedi, 3 février 2018

De Gaulle, la condition ouvrière et le code civil

Le Général me tend le numéro d'avril 1948 de la revue: Économie contemporaine et me demande de chercher à savoir qui est M.Hubert Multzer, qui vient de publier un article dans ce numéro, sous le titre: « L'Idée d'association entre le capital et le travail». Il est l'auteur d'un ouvrage intitulé: La propriété sans le vol.

Je demande au Général si M.Jacques Baumel (…) lui a fait parvenir, comme je lui avais demandé, les principaux ouvrages relatifs aux questions d'association, de cogestion, de participation aux bénéfices, de statuts de l'entreprise, etc.

(...)

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dimanche, 28 janvier 2018

A quoi sert d'étudier l'économie ?

Je suis tombé récemment sur cette citation de l’économiste Joan Robinson :

The purpose of studying economics is not to acquire a set of ready-made answers to economic questions, but to learn how to avoid being deceived by economists.”


que j’ai traduite de la manière suivante :

« Etudier l’économie n’a pas pour but d’acquérir un ensemble de réponses toutes faites aux questions économiques mais d’apprendre à éviter d’être trompé par les économistes »


et que je fais mienne tant il est vrai que c’est le but que j’ai toujours poursuivi en m’intéressant à l’économie : ne pas me faire enfumer par les économistes professionnels.

samedi, 16 décembre 2017

Qu’est-ce qu’un homme de gouvernement ?

« Qu’est-ce qu’un homme de gouvernement ? Ce n’est pas un homme compétent, bien que des connaissances particulières doivent, sans doute, s’allier à ses facultés. Ce qui le distingue, c’est le caractère, la connaissance des réalités et la volonté, si nécessaire, de marcher à contre-courant. Ce n’est pas autre chose.
» Or, il existe une contradiction irréductible entre les qualités requises pour plaire à l’électeur – qui sont toutes d’amabilité – et les facultés qui font l’homme de gouvernement, dures et déplaisantes par définition, car il doit demeurer aveugle aux intérêts particuliers. Voilà pourquoi un tel homme n’apparaîtra jamais dans les rangs des partis. Ce serait contraire à la nature des choses. Qu’un homme de gouvernement se présente : aucun parti n’acceptera jamais de le soutenir. Jamais ! Il n’accepterait même pas d’inscrire son nom sur une liste électorale…»

Propos tenus par le général de Gaulle à Colombey le 3 septembre 1946 - Extrait de « En écoutant de Gaulle » de Claude Guy

jeudi, 7 décembre 2017

De la domination des multinationales

"Comploter, coloniser, collaborer, corrompre, conquérir, délocaliser, pressurer, polluer, vassaliser, nier, asservir et régir. Douze verbes permettent de résumer la façon qu’ont eue, au XXe siècle, des multinationales telles que Total de s’affranchir des régimes contraignants des États de droit afin de les contraindre, eux, à leur tour, à un univers commercial les liant à l’échelle mondiale. Ils témoignent d’un ordre qui n’est plus celui du droit mais d’une prétendue science – l’économie financière –, en réalité une idéologie se présentant apte à traduire des phénomènes sociaux et psychologiques fondamentaux, à l’instar de la loi de la gravité, alors qu’il s’agit au contraire pour ces nouvelles règles de façonner un monde selon les paramètres de ce discours, afin qu’il tourne à l’avantage des oligarques qui le promeuvent. Par ces douze modalités, les multinationales ont su s’affranchir de toute forme d’encadrement politique, pour devenir progressivement […] la puissance qui domine l’activité publique."

Extrait de « De quoi Total est-elle la somme ? » d'Alain Deneault

samedi, 11 novembre 2017

Douter de soi serait-il la forme ultime de l'orgueil ?

« Le doute de soi n’est pas l’humilité, je crois même qu’il est parfois la forme la plus exaltée, presque délirante de l’orgueil, une sorte de férocité jalouse qui fait se retourner un malheureux contre lui-même, pour se dévorer. Le secret de l’enfer doit être là. »

Georges Bernanos dans « Journal d’un curé de Campagne »

samedi, 16 septembre 2017

Gestion de carrière

« Le choix qui administre les carrières se porte plus volontiers sur ce qui plaît que sur ce qui mérite. »

Charles de Gaulle dans « Le Fil de l’épée »

samedi, 9 septembre 2017

Résistance et politique

« L’action résistante n’est pas l'action politique dans une démocratie représentative et il en découle par force une certaine inadaptation du monde résistant à la vie politique dans une démocratie représentative. Il se crée une continuité, mais aussi un profond renouvellement. Et voici l'une des difficultés que rencontre le monde résistant : il était pour partie inadapté à la poursuite de la vie politique à l'ère libre »

Claire Andrieu dans « Le Récit national – Une querelle française » de Jean-Noël Jeanneney

samedi, 26 août 2017

De Gaulle et le programme du CNR

De Gaulle, comme on le sait, est d'un genre politique un peu particulier ...
(…)
Il n'a pas voulu assumer ce programme du Conseil national de Ia Résistance ; il ne I' a jamais signé, il ne s’en est jamais réclamé, mais ...
(…)
Mais il s’en est inspiré, et on peut dire que son gouvernement, de la Libération en août 1944 jusqu'à sa démission en janvier 1946, a mis en place la plupart des mesures qui y figuraient. Celles qui n'ont pas été mises en œuvre du temps de De Gaulle au pouvoir étaient déjà en préparation sous son gouvernement ; elles ont été votées au printemps 1946.


Claire Andrieu dans « Le Récit national – Une querelle française » de Jean-Noël Jeanneney

samedi, 1 juillet 2017

Milton Friedman par Mathieu Mucherie

Extrait d’un texte de M.Mucherie publié sur Atlantico.fr et que je vous recommande dans sa totalité :

Prenons un exemple simple, que je connais bien, l’œuvre de Milton Friedman. Il passe pour un affreux affameur du peuple. Pourtant, c’est le promoteur de l’impôt négatif et du revenu universel, une idée que les petits apparatchiks du PS ont tenté (vainement) de proposer en 2017 (en la dénaturant au maximum, soyons impartiaux). Il passe pour un défenseur des puissants. Pourtant, il a eu des mots extrêmement durs contre les banquiers centraux indépendants, leurs mensonges, leur Novlangue, leurs dérives ; là où toutes nos bonnes âmes aujourd’hui ne remettent pas une seconde en cause les pouvoirs exorbitants de la BCE, même quand cette dernière prend des libertés (des années de suite) avec son mandat, sa cible, etc. Il passe enfin pour un pourfendeur intraitable de l’Etat. Pourtant, en 1948, il propose de financer les déficits de ce dernier à 0%. Et il était foncièrement hostile, comme les autres grands auteurs de Chicago, à l’idée de confier les revenus du seigneuriage monétaire à des établissements privés, si vous voyez ce que je veux dire. Oups, on nous aurait menti ?

dimanche, 7 mai 2017

Toute expression est trahison

Rien n’est plus difficile que de contraindre les mots à traduire les évènements, les idées, les passions, les sentiments. Toute expression est trahison. Nous avons trop vu Saint Louis travesti en brigand, Jeanne d’Arc en hystérique et Staline en père des peuples, la tolérance en violence et la violence en liberté, pour ne pas nous méfier des pouvoirs trompeurs du langage et de l’écriture.

Jean d’Ormesson – Au plaisir de Dieu

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