Eco(dé)mystificateur

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dimanche, 30 août 2015

Cher Monsieur Sapir

Citoyen engagé, blogueur occasionnel, autodidacte en économie (et accessoirement intéressé par le néochartalisme développé par l'un de vos élèves, J.B.Bersac) je suis naturellement les développements de la polémique en cours suscitée par votre proposition de "Front" pour remettre en cause le carcan de l'Euro.

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samedi, 29 août 2015

Politique économique et Terreur

L'historien Olivier Blanc a souligné la grande résistance des milieux d'affaires à la répression : très rares ont été les chefs d'entreprise à subir la guillotine. Durant la Terreur, Barère, constamment présent au Comité de salut public avant et après Robespierre, a œuvré pour protéger les milieux de la finance avec lesquels il était en relation directe. Barère, décisif lors du procès du roi (il préside alors la Convention), décisif lors de l'adoption des lois des suspects en septembre 1793 puis des lois de prairial en mai 1794, pourvoyeur de la guillotine, en partie responsable des massacres perpétrés en Vendée, également lié aux milieux enragés, ce personnage qui reçut aussi probablement des subsides anglais, apparaît comme un symbole très fort des ambiguïtés économiques de la Terreur. D'une part, il a porté une partie des décrets protégeant les indigents, soutenu la politique de réquisitions systématiques et de lutte contre les accapareurs, et voté l'ensemble des mesures de contrôle de l'économie par le gouvernement révolutionnaire. D'autre part, il a lui-même largement profité de la situation pour s'enrichir, protéger ses amis financiers, participer à la protection de la propriété privée et proposer, globalement, un modèle politique résolument républicain et individualiste dont Pierre Sema pense qu'il se rapproche de la République « opportuniste» des années 1880. La politique économique du gouvernement révolutionnaire au temps de la Terreur a donc bien une spécificité : cette tension continue entre exigences absolues liées à la défense de la patrie, revendications incessantes émanant de la base sociale du pouvoir politique et souci constant de préserver le fondement libéral de l’économie et la propriété privée.

 

Extrait de « Quand le monde a basculé – Nouvelle histoire de la révolution française 1789-1799 » par Olivier Coquard

dimanche, 16 août 2015

Pourquoi les milieux d’affaires s’opposent-ils par principe au plein emploi ?

Quand on ambitionne comme moi d’essayer de comprendre le fonctionnement de l’économie, on en arrive vite à se demander pourquoi rien n’est fait pour essayer de mettre en œuvre les solutions proposées par de nombreux économistes – souvent hétérodoxes – et qui permettraient très probablement d’améliorer la situation, notamment en réduisant le chômage. Si l’on dépasse les analyses psychologiques mettant en évidence l’impossibilité de nos élites de se remettre en cause et qu’on évite l’écueil des théories du complot, on est amené néanmoins à dénoncer les intérêts de certains à ce que la situation ne change pas. C’est, par exemple, ce qu’a fait, parmi d’autres, un contemporain  comme Laurent Cordonnier dans « Pas de pitié pour les gueux » où il montre pourquoi le chômage est utile pour l’oligarchie qui nous gouverne. C’est aussi ce qu’a fait au siècle dernier, l’économiste polonais Michal Kalecki dans un texte qu’il a publié en 1943 intitulé « Les aspects politiques du plein emploi » et qui a été résumé sur le blog Le reste du monde que j’ai découvert très récemment. A noter au passage que ce texte de Kalecki a été traduit en français et commenté par Jean-Baptiste Bersac dans son livre « Devises – L’irrésistible émergence de la monnaie ».     

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lundi, 3 août 2015

Irlande

samedi, 18 juillet 2015

Pour sauver la France (et donc la civilisation), interdisons la barbe en prison

C’est une des propositions faites par Debout la France (DLF) dans un texte publié sur son site écrit par le « Coordonnateur du pôle experts sécurité intérieure » du parti de Nicolas Dupont-Aignan où il se réjouit du magnifique feu d’artifice du 14 juillet, déplore les émeutes et propose ses solutions pour le moins novatrices afin de faire en sorte que les feux d’artifice se limitent à ceux officiellement autorisés.Je vous propose ci-après les éclaircissements qui ont été demandés par un adhérent qui m’a contacté. Il en est arrivé à la conclusion que ceux qui craignaient un rapprochement avec le FN avaient tort. Avec de telles positions, DLF ne va pas se rapprocher du FN, DLF va dépasser le FN.

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jeudi, 9 juillet 2015

Et le larbin de l’année est …

C’est avec une jubilation non dissimulée que j’ai pris connaissance de la nomination du  célèbre éconoclaste Alexandre Delaigue, au concours des Larbins de l’année organisé dans le cadre des Rencontres Déconnomiques d’Aix-en-Provence qui se sont tenues du 3 au 5 juillet dernier. Je dois avouer ma déception néanmoins d’apprendre qu’aucune récompense ne lui avait été finalement décernée puisque le prix « Babar de l'énormité de la tromperie » a été remis à Agnès Verdier-Molinié,  le prix « M'dame Y font rien qu'à m'embêter » a été donné à Jean Tirole, celui du « Canard du confit d'intérêt » est revenu à Philippe Dessertine et enfin c’est Marc Touati qui a reçu le prix « de l'économiste le plus à l'ouest », comme on peut le constater ici notamment. Mais bon, l’important c’est de participer et je suis convaincu qu’Alexandre Delaigue – s’il persévère – conserve toutes ses chances pour les années à venir. En ce qui me concerne, je ne suis pas peu fier d’avoir été l’un des premiers – sinon le seul – à avoir mis en avant, de manière récurrente au cours de ces dernières années, les immenses mérites de notre Econolcaste préféré, comme on pourra le vérifier ci-après.  

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lundi, 6 juillet 2015

De l’optimisation fiscale ou du Conseil constitutionnel, lequel est le plus nocif ?

Adepte du zapping, je suis tombé récemment – et furtivement – sur une émission de télévision qui rappelait que fin 2013, le Conseil constitutionnel avait retoqué l'amendement déposé par la députée Karine Berger, relatif à l'introduction d'une obligation de déclaration des schémas d'optimisation fiscale à l'administration. Je n’ai pas réalisé alors que cela ne concernait que les gestionnaires de patrimoine et, pensant que l’on tentait ici de s’attaquer aux multinationales, je m’étonnais de ne pas m’être intéressé à ce sujet à l’époque. Je me faisais alors une double réflexion : l’une concernant l’extrême nocivité de l’optimisation fiscale et l’autre concernant l’extrême nocivité … du Conseil constitutionnel.

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vendredi, 26 juin 2015

Mieux vaut combattre les menteurs que les museler

ELLE : Que vous ont inspiré les réactions suite aux attentats de janvier, à Paris?
Ruth KLUGER : (…) Aux Etats-Unis, les gens ont été mal informés. Beaucoup pensent que les Français adhéraient totalement au travail de« Charlie Hebdo » Alors qu'ils défendent la liberté de la presse. Mais une chose m'interroge: comment cette liberté est-elle compatible avec les lois réprimant le négationnisme?
ELLE. Mais parce que vous êtes une preuve vivante de la Shoah !
Ruth KLUGER : Et alors? Si c'est légal de pouvoir faire des caricatures de Mahomet, offensantes pour les musulmans, alors on devrait pouvoir dire qu'il n'y a pas eu de massacre des juifs. C'est le cas aux Etats-Unis et j'y suis favorable. Mieux vaut combattre les menteurs que les museler.

Lu dans le n°3626 du journal ELLE du 26 juin 2015

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