« Depuis la Révolution cognitive, les Sapiens ont donc vécu dans une double réalité. D'un côté, la réalité objective des rivières, des arbres et des lions ; de l'autre la réalité imaginaire des dieux, des nations et des sociétés. Au fil du temps la réalité imaginaire est devenue toujours plus puissante, au point que de nos jours la survie même des rivières, des arbres et des lions dépend de la grâce des entités imaginaires comme le Dieu Tout-Puissant les États-Unis ou Google. »

«En vérité ni le récit de l'oppression et de l'exploitation ni celui du « fardeau de l'homme blanc » ne cadrent parfaitement avec les faits. Les empires européens firent tant de choses différentes sur une si grande échelle que l'on peut trouver quantité d’exemples pour prouver tout ce que l'on veut. Vous pensez que ces empires étaient des monstruosités qui apportèrent mort, oppression et injustices à travers le monde ? Vous pourriez aisément remplir une encyclopédie de leurs crimes. Voulez-vous plaider qu'ils ont en fait amélioré les conditions de leurs sujets grâce à de nouveaux médicaments, de meilleures conditions économiques et plus de sécurité ? Vous pourriez faire une encyclopédie de leurs réalisations. Du fait de leur étroite coopération avec la science, ces empires eurent tant de pouvoir et changèrent le monde sur une telle échelle qu'on ne saurait les qualifier simplement de blancs ou de noirs. Ils créèrent le monde tel que nous le connaissons, y compris les idéologies qui nous servent à les juger. »

«Le monothéisme explique donc l’ordre mais il est mystifié par le mal. Le dualisme explique le mal, mais reste perplexe devant l'ordre. Il n'y a qu'une seule solution logique à cette énigme : soutenir qu'il existe un seul Dieu tout-puissant qui a créé l'Univers – et que c'est un mauvais Démiurge. Mais personne dans l'histoire n’a eu le cran de le croire. »

«Au cours des toutes dernières années, banques et États ont frénétiquement fait tourner la planche à billets. Tout le monde est terrifié à l’idée que la crise économique actuelle puisse arrêter la croissance.  Aussi créent-ils de toutes pièces des billions de dollars, d’euros et de yens, injectant dans le système du crédit bon marché, tout en espérant qu’hommes de sciences, techniciens et ingénieurs parviendront à trouver quelque chose de vraiment géant avant que la bulle n’explose. Tout dépend des gens dans les labos. De nouvelles découvertes dans le domaine de la biotechnologie ou des nanotechnologies pourraient créer des industries entièrement nouvelles, dont les profits pourraient soutenir les billions de monnaie factice que les banques et les États factices ont créée depuis 2008. Si les labos ne répondent pas à ces attentes avant que la bulle n’explose, nous allons au-devant de temps très rudes »