Le Théorème de Lordon
Par RST le mercredi, 12 mai 2010, 18:54 - Citation - Lien permanent
« S’il apparaît que du fait des propriétés très spéciales du crédit en
économie de marché capitaliste le secteur bancaire est le détenteur de fait des
intérêts matériels supérieurs de la communauté, et qu’il dispose des moyens
objectifs de forcer la communauté à lui accorder tout ce qu’il demande, alors
il doit être rendu à la communauté. »
Frédéric Lordon
Selon Wikipédia, F.Lordon est un économiste (pas vraiment orthodoxe) et philosophe (plutôt Spinoziste) français. Contrarié dans sa vocation qui le poussait naturellement vers le théâtre, le jeune Frédéric, après avoir brillamment exaucé le souhait de ses parents qui rêvaient de le voir devenir ingénieur, s’est rapidement orienté vers une discipline lui permettant de se donner en spectacle, d’amuser la galerie, et il a donc choisit l’économie. Refusant obstinément de passer à la télévision sous prétexte qu’on le film toujours sous son mauvais profil, il ne donne d’interview qu’à Pascale Fourier (et Daniel Mermet). Trop fainéant pour faire trader, il a choisit de travailler dans la recherche, ce qui lui laisse du temps libre pour écrire. Il est ainsi l’auteur de nombreux ouvrages où il fait rien que dire du mal des banquiers, des CDO et de la gauche de gouvernement. Toujours selon Wikipédia, « Il mobilise et réinterprète le conatus spinozien, et ce faisant se dégage de l'emprise du structuralisme althusserien pour réintroduire la dimension de l'action des individus-sujets au cœur des rapports sociaux, au cœur des sociétés. » Etonnant, non ?
Pour en revenir au théorème mentionné ci-dessus, sa démonstration a été donnée très récemment dans un texte qui devrait rester célèbre, " Sauver les banques jusqu’à quand ?" et peut être formulé sous sa forme simplifiée : « Un secteur bancaire privatisé n’est pas tolérable. ». Les développements possibles, associés à ce théorème ont été proposés dans "Pour un système socialisé du crédit ", autre texte remarquable.
Toujours dans le texte qui nous intéresse ici, l’auteur développe plusieurs idées en contradiction bien souvent avec la pensée dominante de son époque. Ainsi, la thèse farfelue défendue par certains illuminés selon laquelle un Etat peut faire faillite est proprement mise en pièces : « Or aucun État n’est jamais mort de faire défaut sur sa dette pour la simple et bonne raison que l’expression « faire faillite » n’a rigoureusement aucun sens à propos d’une entité politique souveraine – et ceci à la différence des banques privées en 2008 qui, n’eussent-elles été sauvées, étaient, elles, promises au trépas. En bonne logique si l’État ne meurt pas de défaut, ce n’est pas l’État qu’on sauve. Alors qui ? Ses créditeurs, bien sûr. »
Autre concept intéressant abordé par l’auteur, celui de "malfaisance" qui éclaire d’un jour nouveau, le secteur bancaire : « (…) un système dont les effets sur la vie matérielle du plus grand nombre sont si grands (…) et qui, fonctionnant en dernière analyse aux forces primitives de l’opinion et de la croyance, est voué aux formes les plus aberrantes du soupçon et aux réactions les plus aberrantes qui s’en suivent nécessairement, un tel système, donc, est malfaisant, et donne par soi, de nombreuses raisons de le mettre au pas. »
F.Lordon a aussi abordé la théorie des jeux, en proposant une expérience qui, à ce jour, n’a pas été réalisée (on sait la difficulté de procéder à l’expérimentation en économie) et qui se présente comme suit : « On pourrait faire l’expérience de laisser faire le défaut souverain pour voir si le système bancaire est finalement capable de l’absorber sans faire collapsus – et il est possible qu’il le soit. Mais l’expérience est joueuse, car s’il ne l’est pas… »
Espérons (ou pas ?) que nous n’ayons pas, rapidement, de réponse à cette interrogation
Commentaires
Le dernier "@rret sur images" est justement sur ce sujet, avec Lordon. Vous avez des liens avec Schneidermann?
@ Jerome F.
Non je n'ai pas de liens avec Schneidermann mais je suis abonné à @si qui est une émission remarquable, pionnière dans son domaine, et qui préfigure ce que devrait être le traitement de l'information dans le futur.
Lordon était déjà passé sur @si mais j'avais été un peu déçu par l'émission à l'époque. Je suis impatient de visionner celle-ci.
En tous cas, vous semblez l'apprécier et le suivre de près (spinoziste, Pascale Fourier, Mermet...).
J'aime beaucoup votre papier, très drôle!
Son texte sur le Monde diplo "Sauver les banques jusqu’à quand ?" montre bien la complicité des politiques (et des medias meanstream). A diffuser largement! Pour un grand soir...
Merci pour votre blog qui lui aussi ne ment pas.
Lordon oublie de dire qu'un défaut grec aurait été dramatique pour ce pays. La majorité des frais de cet État étaient aujourd'hui payés par l'emprunt, comment en cas de défaut les fonctionnaires seront-ils payés?
La réponse de Straus_Kahn à cette question est "C'était ça ou les salaires des fonctionnaires et les retraités n'étaient plus payés le mois prochain "
http://www.lemonde.fr/europe/articl...
On aide donc bien la Grèce, pas seulement ses créanciers.
@ corine
Merci pour votre commentaire et vos encouragements.
J’ai découvert Lordon grâce à la remarquable émission de Pascale Fourier, des Sous et des Hommes.
C’est un pédagogue hors pair et un écrivain talentueux. C’est un plaisir de le lire comme de l’écouter, notamment dans la dernière émission d’@si où il parle notamment de son texte, objet de ce présent billet
@ Jerome F.
Dans ce que je comprends, faire défaut ne signifie pas arrêter de payer les fonctionnaires mais arrêter momentanément de rembourser la dette, le temps de la renégocier.
Quant à l’interview de DSK, il serait trop long d’en faire la critique ici mais il concentre tous les arguments que démonte quelqu’un comme Lordon. Se réjouir de l’austérité alors qu’elle va entrainer une dépression et donc encore plus de difficultés pour les Grecs, c'est une héresie, tout les gens raisonnables en conviennent. Quant à se réjouir que même le Mali soit partie prenante du sauvetage, l’obscénité de cette remarque me laisse sans voix !
RST: Vous écrivez "Se réjouir de l’austérité alors qu’elle va entrainer une dépression et donc encore plus de difficultés pour les Grecs, c'est une héresie, tout les gens raisonnables en conviennent." Suis d'accord. Et je note que c'est exactement, aussi, ce qu'aux dires des medias, les "marchés financiers" semblent penser également... Smiley (je sais pas comment on les fait, les smiley, alors je les écris).
@ serenis.cornelius
Sur le sujet, je ne peux que recommander la dernière émission d'Arrêt sur Image avec Lordon et Cori qui analysent la situation , les rapports entre marchés, médias et gouvernements.
Il est intéressant de noter que les médias rapportent peut-être maintenant le scepticisme des marchés mais que quand le plan a été annoncé, ils ont tous salué comme un seul homme le sauvetage de la Grèce, de l'euro, de l'Europe, .... de l'univers (?) alors qu'il suffisait d'analyser 2 mn la situation pour se rendre compte que rien n'était résolu.
@RST:
Jérôme F. a raison. En cas de défaut, la Grèce n'aurait pas eu de quoi payer ses fonctionnaires ou ses assurés sociaux le mois suivant.
En effet le déficit de la Grèce se compose de:
_4% du PIB de service de la dette
_8% du PIB de déficit primaire
En cas de défaut, la Grèce n'aurait certes plus à payer le service de la dette, mais elle n'aurait plus été en mesure de payer les 8% de trou, car personne ne les lui aurait prêté.
On peut donc dire que les 2/3 du plan de sauvetage vont directement à l'état grec.
@ jean
Je ne suis pas un spécialiste, mais si la Grèce avait fait défaut, il y aurai eu certes des problèmes pratiques à régler mais il ne faut pas tomber dans les explications simplistes. Par exemple, la Grèce continuerait à percevoir des rentrées fiscales et serait donc en mesure de payer un certain nombre de choses. Il faut voir dans le détail quoi et combien. De plus, on pourrait imaginer comme solution alternative qu'elle émette une monnaie provisoire (j'ai cru comprendre que c'est ce que fait la Californie pour payer ses fonctionnaires, non ?)
Enfin ,je vous rappelle que dans le plan actuel, les fonctionnaires voient déjà leurs salaires diminuer de près de 15 %
@RST:
Entre avoir une réduction de salaire et être payé par des reconnaissances de dettes (Les "I Owe You" (IOU) californiens) sans date de remboursement précise, je ne suis pas sûr de ce que je choisirai. Et vous?
Qui plus est, le plan de sauvetage n'interdit pas au gouvernement grec de procéder à ce genre de choses.
La meilleure solution aurait été de dévaluer la drachme si elle existait encore. Cela n'aurait pas exempté le gouvernement grec d'augmenter les impôts, mais cela aurait évité de faire monter le chômage. Et surtout, la méfiance des marchés se seraient sans doute manifesté bien en amont. Maintenant, repasser à la drachme créerait un désordre monstrueux: les banques grecques verrait leurs dépôts fuir à l'étranger.
Bref, il n'y a malheureusement que de mauvaises solutions au problème grec....
@ jean
D'accord avec vous : il n'y a que des mauvaises solutions mais choisissons la moins mauvaise parmi celles proposées par des F.Lordon, J. Genereux ou J.Sapir
@RST et @Jean
RST vous avez raison, en cas de défaut grec, la seule solution pour que les fonctionnaires grecs soient payés, c'est de créer de l'argent. Les pistes possibles sont :
- Une sortie de l'Euro et les fonctoinnaires sont payés en drachmes créés par la toute nouvelle banque d'Etat grecque.
- L'Etat grec oblige par la loi les banques grecques a lui prêter de l'argent. C'est l'idée que défend Mélenchon. Si la Grèce prend cette décision sans l'accord de ses partenaires européens elle sera sans doute exclue par les autres membres de la zone Euro. Pour la France qui a plus de poids politique c'est peut-être jouable.
Il ne faut oublier que la Grèce importe une grande partie de ce qu'elle consomme. La sortie de l'Euro aurait été une chute de pouvoir d'achat pire qu'un plan d'austérité pour les grecs. Papandréou a fait le bon choix.
@Jérôme F.:
_Si l'état grec oblige les banques grecques à lui prêter de l'argent, ces dernières sont certaines de perdre de ne plus être refinancées par leurs consoeurs européennes. Autrement dit, elles font faillite.
_Si les fonctionnaires sont payés en drachme (sinon, la banque de Grèce existe toujours... tout comme la banque de France), cela ne résout pas bazard sur les banques grecques provoqué par un éventuel défaut de l'état grec.
@jean
Vous avez raison, les banques feraient failite. Décidement il n'y a pas de solution simple.
Je rajoute deux petits extraits du blog de Lordon
Lordon, plaide pour un retour au franc (ou à “l’eurofranc”)
"Plusieurs personnes, dont Jacques Sapir, avaient plaidé à l’époque pour une monnaie commune, seule convertible contre les devises extra-européennes, par rapport à laquelle les monnaies européennes auraient reçu chacune une parité de départ, mais révisable selon, non pas des mécanismes de marché (systématiquement désordonnés et incapables de produire à chaud le moindre ajustement smooth) mais des processus de négociations politiques (à l’unanimité ou à la majorité très qualifiée, avec contreparties à l’autorisation de dévaluation d’un des membres, etc.). Les monnaies nationales auraient fonctionné en gros comme des dénominations de la monnaie commune européenne, mais – et c’est une différence immense – des dénominations aux taux politiquement ajustables. C’est ce mécanisme qui fait cruellement défaut, et si les événements, aujourd’hui ou dans quelques mois, tournent à la décomposition complète du traité de Lisbonne avec obligation de tout refaire à neuf, c’est une telle idée qu’il faudra vigoureusement pousser."
… mais également pour la monétisation des dettes publiques…
"Que peut-il se produire au moment où les gouvernements européens prendront conscience de leur stratégie des Danaïdes et jetteront l’éponge ? À supposer qu’il s’obstine à rester dans l’euro en continuant de payer la dette, alors que le marché des capitaux lui sera fermé pour de bon, et privé d’une banque centrale nationale qui pourrait lui prêter directement, le gouvernement grec pourrait tout à fait en venir aux assignats : il émettra lui-même du papier pour payer ses dépenses en excès sur ses recettes. C’est bien ce que les provinces argentines ont fait au début des années 2000 (patacones)… et ce que fait la Californie depuis 2009 ! L’État de Californie, en effet, paye en partie ses fonctionnaires avec des bons à terme, appelés IOU, portant intérêt et convertibles en cash à des échéances qui dépendent d’ailleurs de l’état de la trésorerie…"
À n’en pas douter, comme un signe de grande santé, cette mesure fera très bonne impression sur l’opinion des marchés… Comme, entre temps, la situation du Portugal et de l’Espagne – mais il serait utile également de se souvenir qu’existent des pays-modèles comme l’Irlande, le Royaume-Uni… et les États-Unis dont les situations de finances publiques ne sont pas beaucoup moins pourries que celle de la Grèce – la contagion, à l’inverse de la guerre de Troie, aura bien lieu ! Que peut-il se passer à ce moment là ? Il n’y a pas trente six solutions : seul le prêteur en dernier ressort a la capacité de sauver le système : la banque centrale. C’est bien elle qui est intervenue pour régler le problème des dettes bancaires privées. C’est elle qui devrait intervenir pour régler le problème des dettes publiques consécutif au problème des dettes privées. À ceci près que le divin traité l’interdit ! Sauver la finance privée, c’est autorisé. Sauver les finances publiques, non."
http://blog.mondediplo.net/2010-05-...
@Jerome F. et Jean
Si la Grèce avait quitté l'euro, ses banques ne feraient pas nécessairement faillite, puisque:
1 - l'Etat grec n'avait nul besoin de demander à ses banques de lui prêter quoi que ce soit (il pouvait demander à sa Banque Centrale d'émettre la monnaie nécessaire)
2 - la Banque centrale pouvait tout à fait refinancer les banques grecques en prenant en pension les titres de leurs actifs.
La Grèce n'aurait eu besoin de devises (euro ou autre) que pour ses soldes négatifs de commerce extérieur : c'est seulement sur ces montants qu'elle aurait du emprunter sur les marchés
Il me semble que cet excellent théorème de Lordon est contenu dans le préambule de la Constitution de 1946, cité par le préambule de notre Constitution (celle de 1958) :
"Tout bien, toute entreprise, dont l'exploitation a ou acquiert les caractères d'un service public national ou d'un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité".
@ Joe Liqueur
Merci pour ce rappel.
Il semble que nous dirigeants s'asseyent allégrement sur les textes des constitutions et des traités quand ça les arrange !
@AJH:
Oui, on est bien d'accord que la Grèce pourrait faire ce qu'elle veut à la drachme si elle la réintroduisait.
Mais il resterait la dette en euros, aussi bien des banques que de l'état grec à régler. Et si on convertissait ces dettes en drachmes, je ne vous dit pas le bazard,en Grèce et surtout dans le reste de la zone euro. Même si il n'est pas impossible qu'il faille en passer par là.
@Jean
De toute façon le bazar est là: aucun État ne pourra rembourser sa dette sans la faire monétiser par sa banque centrale. De toute façon, ce n'est pas le remboursement qui intéresse les gros détenteurs, ce sont les intérêts.
Qu'est ce qu'il bosse le Lordon, en ce moment ...
"En route vers la Grande Dépression ?"
http://blog.mondediplo.net/2010-05-...
J'aime particulièrement ce passage
" L’occasion historique du défaut général : saisie totale du secteur bancaire
La nationalisation s’imposera, et pour être tout à fait précis, « ne pas les louper » signifiera alors : nationalisation, mais par saisie. On entend d’ici le chœur des vierges : le droit sacré de la propriété, l’efficacité suprême du marché, le Gosplan qui nous rappelle des heures sombres de l’histoire continentale, ou carrément, comme Pierre-Antoine Delhommais, ahuri rayonnant qui ne désarmera pas même lorsque le marché nous aura ramené aux derniers degrés de l’indigence, les « khmers rouges [4] ».
Dieu sait pourtant que la saisie a pour elle un argument qui a la simplicité des gros bâtons – et la même force de frappe. Car une situation extrême comme celle qui est envisagée ici par hypothèse ne laissera le choix qu’entre deux états du monde possibles, et deux seulement. Etat 1 : on laisse les banques aller à la faillite, les actionnaires perdent tout, nous mourrons derrière ; état 2 : l’Etat saisit les banques, les actionnaires perdent tout, nous sommes sauvés. Les plus perspicaces auront déjà noté que ces deux états du monde que tout sépare n’en ont pas moins un fort point commun : les actionnaires (des banques) y meurent dans tous les cas de figure. Dans l’hypothèse considérée, il n’y a en effet aucune possibilité qu’ils survivent. Il s’en suit logiquement que leur sort nous est indifférent, et que ça n’est pas d’après leurs intérêts (transfigurés en droit sacré de la propriété) que l’action publique doit se régler. Si, à volatilisation identique des actionnaires, l’alternative s’énonce « nous mourrons » vs. « nous ne mourrons pas », il ne devrait pas y avoir trop longtemps à hésiter.
Cette opération à chaud pourrait avoir quelques intéressantes propriétés. En premier lieu, elle sera consécutive au défaut des Etats sur leur dette… qui leur fera le plus grand bien. Le formidable choc qui s’en suivra néanmoins offrira alors une opportunité unique de changer de monde un bon coup. Et notamment en créant par la saisie du secteur bancaire les conditions institutionnelles d’un commencement de « démondialisation financière » [5] par la renationalisation des dettes publiques (pour ceux qui le peuvent...). Il ne faudra pas s’arrêter en si bon chemin et tirer parti bien complètement de cette fenêtre historique, à la faveur de laquelle finalement la libéralisation financière aura fait la démonstration à grand spectacle de son pouvoir d’autodestruction – puisque le défaut souverain généralisé ne sera pas autre chose que la conséquence ultime d’un enchaînement dont elle porte la responsabilité de bout en bout : depuis l’origine du choc jusqu’à l’incapacité à tolérer l’ajustement de moyen terme des dettes publiques qu’elle aura fait elle-même exploser. Saisie flash du secteur bancaire, mutation rapide vers un système non plus étatique mais « socialisé » du crédit [6], renationalisation des dettes publiques et, par-dessus tout, refonte intégrale des structures de la finance [7]."
Effectivement il bosse : 3 textes de suite lui qui habituellement en écrit 1 par mois.
La gravité de la situation justifie qu'il s'exprime.
A nous d'en tirer profit et d'agir
@ RST Merci de donner une version simplifié du théorème de F. Lordon:
« Un secteur bancaire privatisé n’est pas tolérable. ».
Je suis d'accord!
Pour le dernier mystère, peut être on a besoin de poser des bons questions?
Quelle est le but de l'économie?
A) Gagner ?
ou
B) Vivre ?
Si c'est B, il y a du boulot!